• Exposition
  • jeudi 15 juillet 2021 dimanche 15 août 2021
  • Chapelle Saint-Efflam, Plestin-les-Grèves
  • Médium : Peinture
  • Horaires d'ouverture : De 14h30 à 18h30
  • Tarif : Entrée libre

François Vidal

« Un peintre de la couleur et de la chaleur »

François Vidal est un peintre normand pénétré de l’amour de la nature, émerveillé par les couleurs et les lumières de sa campagne. Il retransmet sans les interpréter ces émotions, le monde tel qu’il le voit, d’où une peinture solaire, chaude, vivante, souvent non figurative. On y retrouve l’influence de nombreuses écoles picturales et artistiques qui s’y croisent : Léger, Dali, Chirico...

Notes de Philippe Surville sur François Vidal

Il est des hasards qui n’en sont pas. J’avais il y a quelques années loué avec mon épouse une maison dans une petite commune dans l’Orne. (...) Notre voisin était peintre et il fallait absolument jeter un coup d’œil sur les toiles de cet artiste discret qui peignait depuis sa retraite dans une grange où il avait établi son atelier. (...) C’était un peu pénétrer dans la caverne d’Ali Baba tant les peintures foisonnaient, irradiaient leurs vives couleurs dans toutes les pièces de la maison (...) d’un artiste authentique dont tout l’univers plastique possède force et cohérence.

L’œuvre picturale recèle en effet une force et une pureté indéniable. A l’heure où les œuvres d’art contemporaines ne tiennent debout dans nos musées et nos galeries que grâce à tout un appareil orthopédique forgé de concepts philosophiques, il faut au contraire aborder la peinture de François Vidal avec toute sa sensibilité charnelle et sans à priori d’aucune sorte. Sa peinture se donne à voir avant d’être interprétée, et d’ailleurs je ne suis pas sûr qu’une grille d’interprétation soit même recommandable. François Vidal, avant sa retraite, s’est longtemps occupé de chevaux et il en a gardé une passion pour la liberté, le mouvement et les grands espaces qui se retrouvent souvent dans ses toiles.

Le premier contact donc, avec sa peinture est celui d’un choc sensible, celui de la couleur vive et de ses contrastes, de la lumière intense rayonnée et d’une façon de cadastrer l’espace visible qui d’emblée nous plonge dans un autre monde, un espace tout à la fois abstrait et vivant, tout tissé de formes géométriques et de couleurs chaudes où surnage parfois un élément figuratif, une créature, homme ou animal fantastique habitant, au sens fort du terme, cette portion d’univers plastique qui nous est proposée. Il y a un style François Vidal. Il suffit de juxtaposer ses peintures pour que cette évidence saute aux yeux. En dépit des variations de thèmes, du passage plus ou moins appuyé du figuratif à l’abstrait selon les toiles, l’harmonie colorée semble se poursuivre et se répondre d’un tableau à l’autre. Ils font système comme s’ils avaient été arrachés à la même substance, au même morceau d’univers.

Il est presque inévitable de tenter des comparaisons, et François Vidal qui est un peintre cultivé n’échappe pas bien sûr aux influences : l’œil exercé y décèlera des traces infimes ou des citations plus franches et assumées de peintres tels que Klee, Kandinsky, Leger, Dali, De Chirico, etc.

On y retrouve en effet un univers bidimensionnel, plongé dans la lumière un monde d’à plats symboliques, de signes étranges ou métaphysiques, un monde élémental où l’homme et l’animal sont parfois brossés avec une telle ironie. L’humour est également omniprésent, il suffit de lire les titres de ses œuvres pour comprendre que le peintre ne recherche pas l’effet de virtuosité ou l’âpreté, mais bien plutôt l’émerveillement, l’innocence, une prise de distance humble et joyeuse avec les inévitables travers de la condition humaine.

Émerveillement, candeur et lucidité me semble en effet être les mots clés de cette œuvre qui porte sur le monde un regard que l’on pourrait presque qualifier d’enfantin, pur, admiratif, si d’infimes détails ne venaient en contrepoint signifier que cette feinte innocence est doublée de la sagesse éprouvée d’un homme fait, accoutumé à déjouer les ruses et les faux semblants de l’existence. Le monde est beau, certes, et la peinture solaire de François Vidal s’attache à le mettre en lumière, mais sans concessions lorsque l’homme y introduit parfois laideur et dissonance. D’où cet humour, ce sens de la caricature qui n’est pas là pour juger, condamner, mais bien mettre à distance et rétablir l’harmonie de l’univers dans l’espace-temps d’un tableau.

J’ai longtemps cru que cet univers par son étrangeté, sa fantaisie, était issu du songe, qu’il nous exhortait à rêver, mais je me suis aperçu à le fréquenter assidûment qu’il n’en était rien au contraire, que cet univers pictural qui pourrait passer pour onirique (il n’est pas exempt parfois d’influences surréalistes) s’attache bien plutôt à nous restituer le monde dans un ici et maintenant sensuel, dans le dévoilement vigoureux de ses dimensions aux couleurs vives, dans l’expression vibrante des sensations et des émotions. En dépit des apparences, cette œuvre est réaliste, elle use de tous les expédients pour nous ramener en face du monde, mais un monde dont les formes et les couleurs, la tonalité morale aussi, auraient été poussées à saturation pour nous réveiller, forcer nos yeux à se dessiller sur ce réel, un réel primal qui nous échappe la plupart du temps .

“Je suis peintre parce que les hommes sont aveugles” telle est ma devise qui pourrait être celle de François Vidal, lui, voit en toute humilité mais avec force, avec authenticité, et son œuvre nous exhorte à voir.

Dans la palette et l’emploi des contrastes de couleurs pures, sa peinture pourrait évoquer le fauvisme, mais un fauvisme qui aurait migré tantôt vers l’abstrait, tantôt vers la peinture métaphysique ou de l’absurde, le tout bien sûr avec un humour tendre dont il ne se départit jamais. Et même lorsqu’il évoque certaines zones de ténèbres, son univers pictural n’est jamais complètement noir, et c’est en cela que François Vidal est également un peintre humaniste. Même lorsqu’il évoque les enfers, ceux-ci sont peuplés de créatures schématiques (damnés ou démons?) qui ne sont que l’envers ombré de ses figures humaines ou animales diurnes et solaires, éclatantes de couleur. Ainsi même dans les ténèbres du noir et blanc, un souffle généreux circule et vivifie la scène par sa malice, sa distance appropriée.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette œuvre, mais les mots restituent mal les images, toute tentative de traduction d’un art dans l’autre est bien souvent trahison. Que le visiteur choisisse plutôt au hasard des images, l’une de ces créatures ailées semblables au Griffon ou à Pégase que le peintre affectionne. Qu’il l’enfourche sans crainte de tomber et s’envole aussitôt pour parcourir ce monde nouveau, rutilant de couleur et de vie, de joie et d’humour qu’est celui de François Vidal, qu’il reste le temps d’une longue songerie et s’émerveille au hasard des rencontres, c’est là l’enfance de l’art.

Chapelle Saint-Efflam, Plestin-les-Grèves

En savoir plus : Chapelle Saint-Efflam

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