• Exposition
  • jeudi 15 juillet 2021 vendredi 13 août 2021
  • Chapelle Notre-Dame du Yaudet, Ploulec'h
  • Médium : Peinture
  • Horaires d'ouverture : De 14h30 à 18h30
  • Tarif : Entrée libre
  • Accès handicapé : Accessible aux personnes à mobilité réduite

Marcel Dirou

L’homme qui peignait en secret

À la mort de ce professeur de lettres en 2009, furent retrouvés chez lui plus de 2 500 toiles ou dessins, qui tous expriment les joies, les tristesses, les angoisses, mais aussi les instants de bonheur d’une vie, et qui forment le miroir d’une génération, celle qui a connu les deux guerres, la Résistance sur nos côtes, le retour à la paix et à la prospérité. Une occasion rare de découvrir cette oeuvre aux influences artistiques contemporaines (Léger, Mondrian, l’expressionisme...).

L’homme qui peignait en secret, de Yannick Pelletier

De Jean-Louis le Résistant...

Jean-Louis Dirou naquit le 12 août 1915 à Plougoulm (29), dans une famille d’agriculteurs. Mobilisé en août 1914, son père, Paul, décédé en avril 1918, des suites d’une maladie contractée au front, fut déclaré “Mort pour la France”. De ce fait, Jean-Louis, orphelin de père, devint pupille de la Nation. Jean-Louis Dirou appartint à l’administration des Finances dans le Finistère de 1939 à 1940. Le 15 février 1940, il fut nommé secrétaire de mairie à Carantec. De son mariage avec Marcelline Abalain naquit le 7 octobre 1942, Marcel.

Autour des chantiers Sibiril à Carantec, s’était constituée une importante activité de la Résistance organisant des départs vers l’Angleterre. Jean-Louis Dirou fabriquait des fausses pièces d’identité, le secrétaire de mairie disposant de tampons officiels.

En 1944, un agent français du SD (Service de renseignement de la SS) se faisant passer pour un « patriote » devant rejoindre l’Angleterre, contacta Jean-Louis Dirou... Arrêté en avril, ce dernier fut déporté en juin à Dachau, puis à Mauthausen et enfin à Linz III (Autriche) en août 44 où, exténué, il décéda le 12 mars 1945.

Jean-Louis Dirou fut décoré à titre posthume de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palme, de la Médaille de la Résistance. Carantec a honoré sa mémoire en donnant son nom à une rue de la commune.

... à Marcel Dirou le peintre

Orphelin de père, Marcel grandit à Carantec entre sa mère et ses tantes. Enfant unique surprotégé par sa mère, Marcel fut un enfant taciturne, ne se mêlant pas aux autres. Bien qu’affable, il demeurera toute sa vie solitaire et secret. Maître d’internat et surveillant à Saint- Brieuc, Quimper puis Lamballe au Lycée Henri Avril. 1966-1974 : instituteur puis maître- auxiliaire en Tunisie (Kalaa-Djerda et Kassérine). 1974 : il demanda à regagner la France et obtint en 1975 un poste au Lycée Henri Avril de Lamballe où il exerça ses fonctions de Professeur de Lycée professionnel (Lettres-Histoire) jusqu’à sa retraite en 2002.

Le professeur est apprécié de l’Administration, de l’Inspection, de ses élèves envers lesquels il se montre exigeant mais auxquels il apporte par les textes abordés sensibilité, culture, beauté. Et personne, personne ne l’a supposé, deviné, entrevu : Marcel Dirou dessinait, peignait sans relâche. Tout se passe comme si à côté du Marcel Dirou social - professeur compétent et collègue affable -, vivait sans que rien ne relie l’un à l’autre, un Marcel Dirou peignant dans la clandestinité... Que personne ne sache, comme une question de survie ! Personne n’a su.

Marcel Dirou laisse après son décès (2009) près de 2 500 toiles et dessins. Les premières œuvres naissent au contact de l’expérience africaine. Mobilité et force des traits. Personnages qui se détachent, imposent une secrète douleur, quêtent une approbation, un sourire. Visages qui se perdent et se cherchent dans le dédale des traits... Visages égarés, désirés d’un père, d’un grand-père ? Visage qui s’étonne de soi-même : qui suis-je ?

Il fut Marcel Dirou, l’homme qui peignait en secret...

Dirou, l’Enigme

Novembre 2010, Hôtel des Ventes de Saint-Brieuc, coup de tonnerre : quelques 2 500 œuvres de Marcel Dirou mises en vente d’atelier. Quoi, ce professeur de Lettres au Lycée Henri Avril de Lamballe, peignait, dessinait ? Nul ne le soupçonnait. Novembre 2010 : coup de foudre : Hervé le Roch découvre Dirou, comprend et s’éprend d’une œuvre remarquable dont il acquiert la quasi-totalité pour la faire connaître au plus large public.

Huiles, pastels, encres, mine de plomb, Dirou utilise tous les matériaux, toutes les techniques pour exprimer le tréfonds de son être. Il éprouve jusqu’à la hantise la vanité du monde. Il peint ce que professait Malraux : « une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie ». Sa vie, Dirou l’expose dans cette exploration d’un moi torturé, il nous l’offre pour que dans la confrontation avec ses portraits, ses paysages, ses bouquets parfois faméliques mais toujours éclatants, nous nous retrouvions. Heureux ? Délivrés ? Mais de qui, de quoi ? Pour qui, pour quoi ? Solitudes groupées au bar, unions séparées de couples, visages démultipliés : l’œuvre de Dirou est là. À nous de faire le reste du chemin, de nous laisser gagner par l’énigme de l’Etre, de nouer avec lui un dialogue muet. Les multiples variations des lignes en hachures brisées ou en entrelacs, les jeux des couleurs froides ou chaudes parleront à chacun en secret, comme Dirou a peint en secret pour chacun.

Dirou, l’unique

« C’est du Dirou » : aucun doute. Tous ceux qui ont vu des œuvres de Marcel Dirou en ont été bouleversés. Bien sûr, selon sa culture ou son goût, chacun met en écho telle œuvre et celle d’autres artistes : un graphisme à la Piranese, ici, une perspective à la Gauguin, un bouquet à la Cézanne quand ce n’est pas E. Munch ou F. Bacon... Sauf que si l’impression demeure, l’illusion s’estompe. C’est du Dirou.

Marcel Dirou

Professeur de Lettres, nul n’aura su qu’en secret, Marcel Dirou a peint une œuvre considérable par son ampleur et sa qualité. Une œuvre puissante, émouvante qui ne laisse jamais indifférent le spectateur.

Il a laissé quelques 2 500 œuvres, protégées, classées dont nul ne soupçonnait l’existence. Dirou invite à une rencontre enrichissante. Enfin dévoilée, jusqu’ici inconnue, une œuvre picturale foisonnante, unique dans sa démarche.

Chapelle Notre-Dame du Yaudet, Ploulec'h

En savoir plus : Chapelle du Yaudet

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