Tsama do Paço
Ceci est leurs corps
Les traces que déposent les végétaux — leur chimie, leur texture, leur présence — en contact avec le corps humain forment le cœur de cette recherche. Ce contact prolongé réinvente notre représentation du paysage et de la nature. Dans l'église, un voile de soie et des structures légères portent l'empreinte des plantes : couleurs, lignes, formes s'y métamorphosent. Les œuvres invitent à une attention nouvelle portée aux végétaux, ces détails du monde trop souvent inaperçus.
Ma recherche porte sur les traces, dans toutes ses pluralités et renouvellements à inventer, que déposent les végétaux, en relation avec le corps humain. Ce dernier, par le toucher et les multiples relations auxquelles il peut s'enchevêtrer, recueille leur composition chimique, leur texture, leur forme... leur présence. Ce contact entre corps humain et corps végétal est prolongé dans sa capacité à renouveler – réinventer "la notion - représentation" que l'on nomme paysage, étroitement liée à ce que nous conceptualisons encore comme étant la nature.
Dans l'église, un pan de soie, un voile d'Isis se déploie.
Le paysage qui s'y dépose est fait du corps de plantes, couleurs de leur jus, lignes de leur surface... le milieu ici est l'habitat et l'empreinte de leur corps.
Des figures apparaissent sur des structures légères, les plantes se métamorphosent en masques, deviennent créatures ailées.
Dérouler le paysage, suivre la verticalité d'un tronc, flotter comme les algues, devenir visage, les œuvres exposées sont des invites à l'attention envers les inexplorés du paysage, ces détails du monde, les végétaux.