Corinne Joachim
Entre deux rives
Corinne Joachim relie terre et verre dans un dialogue entre ombre et lumière. Entre mémoire et souffle, son œuvre tisse fils, matières et racines pour inviter à un voyage intérieur, entre ancrage, transparence et passage d’une rive à l’autre.
"Dans le silence de la chapelle, entre pierre et lumière, l’exposition déploie un archipel de formes nées de la terre et du feu.
La terre, sombre et dense, porte la mémoire des rivages. Elle est falaise, coque, corps dressé face au vent. Modelée, patinée, elle garde l’empreinte des mains comme le sable garde celle des marées.
Le verre, lui, est souffle et transparence. Il est bulle suspendue, goutte agrandie, éclat d’écume figé dans l’instant. Il laisse passer la lumière comme l’eau laisse passer le ciel.
Entre ces deux matières — l’une ancrée, l’autre fluide — se dessine un voyage qui parle de passage... passage de la lumière dans le verre, passage de l'air qui chemine à travers la matière, passage des êtres d’une rive à l’autre.
L'artiste invite à une navigation intérieure, où chaque bulle devient monde, chaque sculpture une balise et chaque visiteur, peut-être, un voyageur."
Le travail de Corinne Joachim s’inspire de la nature, humaine, végétale ou animale, et met en dialogue deux arts du feu : la terre et le verre.
L'identité de son travail est née de ses racines, territoriales et ancestrales...
Elle établit des ponts entre hier et maintenant dans une réflexion sur les liens multiples, à soi, à autrui, à la nature par l'intermédiaire de fils et rubans, dans un voyage entre terre et ciel !
La terre, notre ancrage le plus primitif, évoque la part d’ombre de l’humanité et le verre, lumineux, symbolique de l’esprit, de la légèreté des choses, de l’espoir sont les médiums choisis pour refléter la dualité intemporelle du vivant…
L’artiste transforme la lumière en expérience sensible, articulant vide et plein, ombre et lumière au cœur de son rythme, tandis qu’une poésie silencieuse invite à méditer sur la relation à autrui et sur la délicate essence de l’être.
Elle assemble les matières par couture et renforce ainsi le concept de "dentelle de verre" alors associé aux travaux d'aiguille, hommage aux "ouvrages de dames"... !