Paulina Okurowska
Mosaïste plasticienne d'origine polonaise, elle a fait de l'ardoise bretonne recyclée le cœur de sa recherche. Fragmentée, taillée, inclinée dans le mortier, la pierre révèle sous ses doigts une palette insoupçonnée — du noir profond à l'argent scintillant. Associée à la pâte de verre ou aux feuilles d'or, elle se fait organique, mémorielle, vivante. Ambassadrice des Journées Européennes des Métiers d'Art, lauréate de la Fondation Banque Populaire, ses œuvres figurent dans des collections en France et à l'étranger.
Née en Pologne, formée à l'ENSAAMA Olivier de Serres à Paris, cette mosaïste plasticienne a trouvé sa matière de prédilection presque par hasard : l'ardoise ancienne, tuile de toit bretonne recyclée, schiste centenaire que le temps a marqué de rouille, de lichen et de patine.
Depuis plus de dix ans, elle en explore les limites plastiques avec une constance et une précision d'orfèvre.
Fragmentée, taillée, collée sur tranche ou inclinée dans le mortier, l'ardoise révèle sous ses doigts une palette insoupçonnée : du noir profond au gris argenté, presque blanc.
Le monochrome devient polychrome, le minéral s'organise en cellules, le fragment devient matière vivante et organique.
Associée à la pâte de verre, aux feuilles d'or ou à l'aquarelle, la pierre dialogue avec la lumière et le relief pour composer des paysages intérieurs, des bas-reliefs, des installations.
Ambassadrice des Pays de la Loire pour les Journées Européennes des Métiers d'Art en 2017, lauréate de la Fondation de la Banque Populaire en 2020, elle collabore avec des galeristes et collectionneurs en France et à l'étranger.
Son œuvre, à la fois archéologique et contemporaine, invite à lire dans la pierre la mémoire du territoire breton.
"Lorsqu’on (s’)engloutit tout entier et que l’on remplit toute sa conscience de la contemplation paisible d’un objet naturel actuellement présent, paysage, arbre, rocher, édifice ou tout autre; du moment qu’on se perd dans cet objet, (…) c’est-à-dire du moment qu’on oublie son individu, sa volonté et qu’on ne subsiste que comme sujet pur, comme clair miroir de l’objet, de telle façon que tout se passe comme si l’objet existait seul, sans personne qui le perçoive, qu’il soit impossible de distinguer le sujet de l’intuition elle-même et que celle-ci comme celui-là se confondent en un seul être, en une seule conscience entièrement occupée et remplie par une vision unique et intuitive; (…) alors (…) celui qui est ravi dans cette contemplation n’est plus un individu (car l’individu s’est anéanti dans cette contemplation même), c’est le sujet connaissant pur, affranchi de la volonté, de la douleur et du temps."
— Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation (1818)