Expositions / Diskouezadegoù
Le temps suspendu dans la pierre
- Tous les jours
- du 10 juillet au 15 août
- de 14 h 30 à 18 h 30
- Entrée libre
Chaque été, des lieux que l'on croyait connaître se transforment. Une église de granit devient un cosmos suspendu. Une chapelle côtière accueille des formes nées de la terre et du feu. Un voile de soie déploie le corps des plantes comme on déroulerait un paysage. Ce sont ces métamorphoses silencieuses que le Circuit des chapelles cultive depuis ses origines : faire de l'art contemporain l'hôte inattendu d'un patrimoine vivant.
Cette année, dix artistes habitent dix lieux du Trégor. Leurs médiums sont aussi divers que leurs langages — céramique, verre, peinture à l'huile, mosaïque d'ardoise, sculpture métal ou bois, empreinte végétale, art textile. Ce qui les réunit tient en peu de mots : l'exigence du geste, l'écoute du lieu, et cette conviction que l'art ne décore pas — il interroge.
Des étoiles de Matthieu Dorval sous la voûte de Saint-Sylvestre aux sculptures tendues de François Montliau à Saint-Sébastien, des rochers incandescents de Catherine d'Hautefeuille aux vêtements ressuscités par Dominique Potard, chaque exposition est un monde à part entière. On n'y passe pas : on y entre.
Bonne découverte.
Les Officiers Célestes
Puisant dans l'abstraction et le néo-expressionnisme, ce peintre breton développe une œuvre nourrie du paysage, de la littérature et des sciences. Ses céramiques Les Officiers Célestes, nées d'une résidence en Chine, évoquent ces astronomes anciens qui sondaient le cosmos : suspendues par des fils invisibles, elles semblent défier la gravité. Entre falaises irlandaises et baie de Douarnenez, l'artiste explore sans relâche le chaos des éléments et les mystères de l'Univers.
Vestiges
Née à Madagascar, marquée par la lumière de la Martinique, cette peintre Bretonne revient à la mer comme à une source vive. Formée à Olivier de Serres et Penninghen, membre de la Fondation Taylor, elle déploie à l'acrylique de grands formats où les rochers du littoral breton deviennent monumentaux, incandescents. Son geste ample et instinctif — nourri de Monet, Bacon, Mitchell — ouvre des toiles à la lisière du figuratif et de l'abstraction, vibrant du souffle du large.
Ceci est leurs corps
Les traces que déposent les végétaux — leur chimie, leur texture, leur présence — en contact avec le corps humain forment le cœur de cette recherche. Ce contact prolongé réinvente notre représentation du paysage et de la nature. Dans l'église, un voile de soie et des structures légères portent l'empreinte des plantes : couleurs, lignes, formes s'y métamorphosent. Les œuvres invitent à une attention nouvelle portée aux végétaux, ces détails du monde trop souvent inaperçus.
Aux portes de la lumière
Peintre breton né en 1992, formé à l'École Pivaut de Nantes et reçu à l'Académie des Arts et Sciences de la Mer à 20 ans, il peint en extérieur par tous les temps, face à la mer. Sa recherche : capter la lumière sur les roches littorales, transmettre l'émotion de l'instant. Plus jeune primé au Salon d'Automne de Paris en 2015, ambassadeur des huiles Schaal Colors, ses œuvres figurent dans des collections à travers le monde.
Des textiles abandonnés au jardin, livrés aux saisons, deviennent après un patient travail d'archéologie des reliques précieuses. Marqués par la terre, troués, élimés, ces vêtements sont ensuite travaillés pour porter d'autres histoires. Leurs traces, telles des calligraphies d'une civilisation inconnue, guident une création fragile et méticuleuse. Sur les murs, les œuvres prennent vie et invitent à une méditation poétique sur les questions fondamentales : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ?
Présences
Peinture à l'huile, puis acrylique — une vie entière consacrée à la toile, nourrie par l'amour de la nature, les Beaux-Arts de Rennes, les fresques et vingt ans d'enseignement. Sur ses toiles où s'entremêlent onirisme et baroque, chaque sujet est un choc amoureux, un message de tendresse adressé au regardeur. Sans jamais se répéter, elle explore la lumière, les feuillages, l'eau, le corps humain et la présence animale — abeilles, oiseaux, faune sauvage — comme pour conjurer leur disparition au bout du pinceau.
Mosaïste plasticienne d'origine polonaise, elle a fait de l'ardoise bretonne recyclée le cœur de sa recherche. Fragmentée, taillée, inclinée dans le mortier, la pierre révèle sous ses doigts une palette insoupçonnée — du noir profond à l'argent scintillant. Associée à la pâte de verre ou aux feuilles d'or, elle se fait organique, mémorielle, vivante. Ambassadrice des Journées Européennes des Métiers d'Art, lauréate de la Fondation Banque Populaire, ses œuvres figurent dans des collections en France et à l'étranger.
Nourri de formes organiques et de structures naturelles, ce sculpteur abstrait cherche à en révéler l'essence profonde. Il en naît un univers hypnotique où transparences, reflets et matières semblent respirer. Ses sculptures explorent attraction, tension, équilibre et flux — le métal dialogue avec le volatil, la gravité côtoie le mouvement. Entre énergie contenue et élan silencieux, ses créations suspendent le temps et invitent à une contemplation sensible.
Organisées autour de l'équilibre de forces contraires, ces sculptures conjuguent formes rondes et lumineuses face à des éléments tranchants et bruts, douceur de l'albâtre contre rudesse du métal, blanc contre noir. Aucun des termes du conflit ne l'emporte : l'œuvre vit précisément de cette tension maintenue, sans résolution ni fusion. Tragiques et érotiques au sens de Bataille, ces sculptures sont des combats silencieux et inépuisables.